Le bogolan est un tissu teint suivant une technique utlisée au Mali, au Burkina Faso et en Guinée. Le bogolan de la langue bambara signifie "fait d'argile, bogo (terre), lan (avec)". Il a été commercialisé localement au Mali dans les années 70. La production s'est intensifiée dans les années 80 avec l'apparition des centres de production. Ce type de teinture a également été largement diffusé dans le monde. Encore appelé boubous arts, l'étoffe du bogolan est une toile plus ou moins épaisse en coton filé et tissé à la main. Après une teinture de base obtenue au trampage dans une décoction de feuille de bouleau d'Afrique ou "n'galama" en bambara et séchage à plat au soleil, l'artiste structure son dessin à la boue (bogo) fermentée avec un pinceau. Une décoction d'écorce de "mpecou" (arbre qui donne des fruits semblables au raisin mais plus petit et très utilisé en pharmacopée africaine) s'impose pour faire les coloris rouges. Cette même décoction donne une teinture kaki au bout d'un certain temps. Par la suite, l'obtention des parties blanches de la pièce de bogolan se fait à l'aide de mélange de poudre lessivielle, de chlore et de savon de karité qui sert de décolorant.
Les dessins du bogolan sont des symboles très importants, le bogolan étant significatif à l'origine. les dessins choisis sont en effet lisibles comme la marque d'identité d'une population, d'un pays, mais aussi d'un artiste en particulier. Comme tout objet d'art africain, le bogolan est un objet puissant: étant en effet teint à base de terre. Son utilisation en tant que textile dans la fabrication des tuniques nouées de femmes, on lui attribuait des vertus thérapeutiques.

